THX est une société qui développe des systèmes audio et vidéo de haute qualité pour la production cinématographique. Leurs systèmes se sont imposés en standard depuis les années 1980, et sont connus mondialement grâce aux productions hollywoodiennes comme Star Wars, Terminator, Interstellar.

Même si le nom THX n’est pas forcément resté dans les mémoires des spectateurs, la simple écoute de leur thème musicale Deep Note, composé par Andy Moorer, ravive immédiatement des souvenirs forts.

Pour la composition du thème, Andy Moorer décida d’utiliser un algorithme pour manipuler les fréquences d’oscillateurs dans un synthétiseur.

THX avait récemment dévoilé sur Twitter la partition qui a servi à la composition du thème légendaire.

Analysons ce thème.

Partition officielle du thème musical de THX

Algorithme

Environ 30 notes sont choisies aléatoirement entre deux Sol, sol2 (ou G3) et sol3 (ou G4). À chaque note, on assigne une note cible, dans l’accord final. Ensuite, on fait varier la fréquence de chaque note, de manière aléatoire jusqu’à la fréquence cible dans l’accord final. L’accord final ainsi obtenu est maintenu en point d’orgue.

L’accord final

La partition culmine jusqu’à son point d’orgue ré majeur. Si on s’en fit à la partition, on trouve 28 notes en tout, dont 18 dans les aigus, à raison de 3 voix par note, et 10 dans les graves, à raison de 2 voix par note. L’accord final est un accord parfait de ré majeur.

Les voix sont légèrement désaccordées de leur note cible, afin de donner un effet d’ensemble harmonique. C’est ce qu’on entend d’un orchestre dans une salle de concert. En effet, pour des raisons acoustiques, tous les violons, même s’ils jouaient la même note, auront un son perçu différemment par l’oreille, légèrement décalé en fréquence. C’est ce qui donne de l’importance au son, et le cerveau est capable de faire une moyenne sur les notes entendues pour entendre la note principale jouée par l’ensemble.

Conclusion

En voyant la partition, on comprend encore plus l’idée sous-jacente à la composition du thème. Il s’agit d’une lente progression d’un son désordonné vers un accord parfait. C’est ce qui donne cette idée d’arrangement, de structure, comme si la création naissait d’un état de désordre le plus totale.

Le thème peut être plus ou moins reproduit en recopiant le modèle. Une implémentation d’une version simplifiée est disponible1 . Cependant, en observant le spectre de fréquence, on voit que le modèle original utilise un lissage de la marche aléatoire des notes, et utilise probablement un son d’instrument acoustique pour avoir un son plus agréable à l’oreille, car diffus dans le spectre des fréquences.

Références